• Les changements climatiques

    Photo Vidar Nordli-Mathisen
    Le parc éolien de ? Los Granujales ? mis en service en 2011 au sud de l'Espagne (Vejer de la Frontera, Cádiz).

    Les changements climatiques sont la question déterminante de notre époque et nous sommes à un moment décisif. De l’évolution des conditions météorologiques, qui ont des effets sur la production agricole et alimentaire, à l’élévation du niveau des mers, qui augmente les risques d’inondations, les conséquences des changements climatiques sont mondiales en termes d’effets et d’échelle. Sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et co?teux de s’adapter aux conséquences futures de ces changements.?? ? ?

    Les gaz à effet de serre produits par l’activité humaine

    L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable à la vie humaine et à celle des espèces. Il piège dans une couche de gaz située à basse atmosphère une partie de la réverbération des rayons du soleil sur la Terre, en évitant ainsi que ces rayonnements infrarouges soient renvoyés vers l’espace. Toutefois, plus d'un siècle et demi d'industrialisation, notamment la déforestation et l'agriculture à grande échelle, les quantités de gaz à effet de serre présentes dans l'atmosphère sont parvenus à des niveaux jamais atteints en trois millions d'années. à mesure que les populations, les économies et les niveaux de vie progressent, le niveau cumulé des émissions de gaz à effet de serre (GES) a lui aussi augmenté.

    Quelques faits scientifiques :?

    • La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est? directement liée à la température globale moyenne sur la Terre.?
    • Depuis l’époque de la révolution industrielle, la concentration des gaz à effet de serre a augmenté de fa?on constante, de même que les moyennes de température mondiales.
    • Le gaz à effet de serre le plus abondant (deux tiers) est le dioxyde de carbone (CO2), largement produit de la combustion d’énergies fossiles.

    Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)

    Le?Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)?a été créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM)?et ONU Environnement?en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.?

    En 2013, le GIEC a clarifié le r?le des activités humaines dans le changement climatique en publiant son cinquième rapport d'évaluation. Sa conclusion est catégorique: le changement climatique est réel et les activités humaines en sont la cause principale.

    Le cinquième Rapport d’évaluation

    Ce rapport confirme que le réchauffement du système climatique est sans équivoque et que nombre des changements observés sont sans précédent depuis des décennies, voire des millénaires: réchauffement de l’atmosphère et des océans, diminution de la couverture neigeuse et recul des glaces, élévation du niveau des mers et augmentation des concentrations de gaz à effet de serre. Le rapport estime également les émissions cumulées de CO2 depuis l'époque préindustrielle et fournit un budget de CO2 pour les émissions futures afin de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 ° C.?

    Selon le rapport du GIEC?:

    • La température moyenne mondiale a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012.
    • En raison du réchauffement des océans, la hausse du niveau des mers est un phénomène sans équivoque. La cryosphère – qui désigne toutes les parties de la surface de la Terre où l’eau est à l’état solide (glace et neige) -? est en diminution constante.?Sur la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres en moyenne. L’étendue moyenne annuelle de la banquise arctique a diminué au cours de la période 1979–2012 à une vitesse qui se situait très probablement entre 3,5 et 4,1 % par décennie.
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    • Compte tenu des concentrations actuelles et des émissions de gaz à effet de serre en cours, il est probable qu'à la fin du siècle, la température moyenne mondiale continuera à dépasser le niveau préindustriel. Les océans du monde se réchaufferont et la glace continuera de fondre. L'élévation moyenne du niveau de la mer devrait être de 24 à 30 cm d'ici 2065 et de 40 à 63 cm d'ici 2100 par rapport à la période de référence de 1986 à 2005. La plupart des aspects du changement climatique persisteront pendant plusieurs siècles, même si les émissions sont stoppées.

    Il est alarmant de constater que d'importants points d'inflexion, entra?nant des changements irréversibles dans les grands écosystèmes et le système climatique planétaire, ont peut-être déjà été atteints ou franchis.?Des écosystèmes aussi diversifiés que la forêt tropicale amazonienne ou ?la toundra arctique peuvent se rapprocher des seuils de changement spectaculaire en raison du réchauffement et de la sécheresse.?Le recul des glaciers de montagne est alarmant et les conséquences de cette diminution en aval affecteront l’approvisionnement en eau au cours des mois les plus secs, de même que les générations futures.?

    Un réchauffement planétaire de 1,5 °C

    En octobre 2018, le GIEC a publié un rapport spécial sur les effets du réchauffement planétaire de 1,5 ° C. Il a été établi que pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ° C, des changements rapides, d'une portée considérable et sans précédent seraient nécessaires dans tous les aspects de la société. Le rapport, qui présente des avantages évidents pour les populations et les écosystèmes naturels, a montré que limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ° C au lieu de 2 ° C pouvait aller de pair avec une société plus durable et plus équitable. Alors que les estimations précédentes étaient axées sur l'estimation des dommages si les températures moyennes devaient augmenter de 2 ° C, le présent rapport montre que nombre des impacts négatifs du changement climatique se situeront à 1,5 ° C.

    Ce rapport met en exergue un certain nombre de conséquences des changements climatiques qui pourraient être évitées si le réchauffement était limité 1,5 °C, et non à 2 °C ou plus. Ainsi, d'ici à 2100, le niveau de la mer à l'échelle de la planète serait, si le réchauffement était limité à 1,5 °C, inférieur de 10 cm à celui qui risquerait d'être enregistré s'il était limité à 2 °C. La probabilité que l'océan arctique soit libre de glace en été serait d'une fois par siècle si le réchauffement est limité à 1,5 °C, mais d'au moins une fois tous les dix ans s'il est limité à 2 °C. Avec un réchauffement de 1,5 °C, 70 à 90 % des récifs coralliens dispara?traient, alors qu'avec un réchauffement de 2 °C, la quasi-totalité (> 99 %) serait anéantie.

    Il est indiqué dans le rapport que la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C nécessiterait des transitions ?rapides et de grande envergure? dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du batiment, du transport et de l’urbanisme. Les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone (CO2) d’origine anthropique devraient être réduites d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030, et il faudrait atteindre un ?bilan nul? des émissions aux alentours de 2050, ce qui signifie que les émissions restantes devraient être compensées en éliminant du CO2 de l’atmosphère.?

    Les instruments juridiques des Nations Unies?

    La Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC)

    Les changements climatiques constituent un problème complexe, qui, bien qu'étant de nature environnementale, a des conséquences sur beaucoup d'issues globales telles que la pauvreté, le développement économique, la croissance de la population, le développement durable et la gestion des ressources. La réponse aux changements climatiques passe par une réduction des émissions. En 1992,?des pays ont joint un traité international, -- la?Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) -- en vue de considérer ce qui pouvait être fait pour réduire le réchauffement global et faire face à toute hausse inévitable des températures. Avec 197 Parties, la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) jouit d’une adhésion presque universelle. La CCNUCC?met en place un cadre global de l'effort intergouvernemental pour faire face au défi posé par les changements climatiques.?

    Le Protocole de Kyoto

    Lorsqu’ils adoptèrent la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), les gouvernements savaient que leurs engagements ne seraient pas suffisants pour sérieusement faire face aux changements climatiques. En 1995, dans une décision connue sous le nom de Mandat de Berlin, les Parties à la Convention entamèrent un cycle de négociations en vue de décider des engagements plus solides et plus détaillés pour les pays industrialisés. Après deux années et demie d’intenses négociations, le Protocole de Kyoto?fut adopté au Japon, le 11 décembre 1997. Le Protocole de Kyoto?pose une limite?aux grandes économies mondiales sur le rejet total des émissions de gaz à effet de serre (GES, en anglais GHG). Une première période d’engagements allait de 2008 à 2012. La seconde période d’engagement a démarré le 1er janvier 2013 et va jusqu’en 2020. Le Protocole compte aujourd’hui 192 Parties.?

    L'Accord de Paris

    L'Accord de Paris? fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la?Conférence de Paris sur le climat?(COP21) de la?Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.??L’Accord a été?signé par 175 pays le 22?avril 2016 au Siège de l’Organisation des Nations Unies, à New?York. Ils sont aujourd'hui 184 à l'avoir signé.

    Dans le cadre de cet accord, les Parties se sont engagées à prendre des mesures ambitieuses pour maintenir l’élévation de la température mondiale en dessous de 2?°C d’ici à la fin du siècle.?

    Ambitieux, évolutif et universel, cet accord s’applique à tous les pays et à toutes les émissions et est con?u pour durer. C’est un accord monumental, qui consolide la coopération internationale en matière de lutte contre les changements climatiques et montre la voie à suivre.

    Un sommet mondial sur le climat 2019

    En septembre 2019, le Secrétaire général, António Guterres, convoquera un Sommet sur le climat afin de réunir les dirigeants mondiaux des gouvernements, du secteur privé et de la société civile afin de soutenir le processus multilatéral ainsi que d'accro?tre et d'accélérer l'action et les ambitions climatiques. Il a nommé Luis Alfonso de Alba, ancien diplomate mexicain, en tant qu'Envoyé spécial pour diriger les préparatifs. Le sommet se concentrera sur les secteurs clés dans lesquels l'action peut faire la plus grande différence - industrie lourde, solutions basées sur la nature, villes, énergie, résilience et financement climatique. Les dirigeants du monde feront un état des lieux de?leurs actions et sur ce qu'ils ont l'intention de faire de plus lorsqu'ils se réuniront en 2020 pour la conférence des Nations Unies sur le climat, où les engagements seront renouvelés et pourront être approfondis.

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    Prix Nobel de la Paix

    En 2007, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) et l'ex-Vice président des états-Unis Albert Arnold (Al) Gore Jr. (de 1993 à 2001) ont re?u conjointement le prix Nobel de la paix pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme, et pour poser les fondements des mesures nécessaires pour lutter contre ces changements.

    En savoir plus :?

    Vidéo

    Le Secrétaire général de l'ONU appelle à agir au niveau mondial contre le changement climatique

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